L’association Femmes Porteuses d’Espoir (FEPES) a pris part à l’atelier de plaidoyer pour mettre fin aux mariages d’enfants dans la Région du Nord les 15 et 16 avril 2026 à l’Hôtel Ribadou de Garoua. Cette rencontre, organisée par la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et la Famille du Nord en collaboration avec Plan International Cameroon et ses partenaires s’inscrit, dans le cadre du projet “Education sans délai: Programme Pluriannuel de Résilience (PPMR)”. Cet atelier a été un moment fort de mobilisation et de réflexion, où les acteurs institutionnels, communautaires et associatifs ont uni leurs voix pour dire non aux mariages d’enfants et renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

Entre rigueur de la loi et leçons apprises de la crise socio-politique
Dès les premières interventions, les participants ont rappelé l’importance de l’article 356 du Code pénal camerounais, qui interdit et sanctionne sévèrement tout mariage forcé et plus particulièrement le mariage des enfants mineurs de 18 ans. Les discussions ont aussi mis en lumière les conséquences des crises socio-politiques sur l’éducation. À ce sujet, les participants ont bénéficié d’un partage d’expériences inspirantes du Sud-Ouest avec ses comités d’assistance aux survivants-es de VBG.

Une synergie d’acteurs et des stratégies innovantes sur le terrain
Les travaux ont permis de souligner le rôle central des maires, leaders religieux et des jeunes dans la lutte contre ce fléau d’une part. D’autre part, ils ont suscité des stratégies innovantes de lutte contre les mariages d’enfants portées par: les chefs religieux et traditionnels, les autorités territoriales, aux autorités administratives, les organisations de la société civile et les groupes de jeunes.
Des pistes concrètes pour agir dès maintenant
À la suite de ces constats, des recommandations concrètes ont été formulées pour orienter l’action immédiate. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un canevas harmonisé de collecte de données sur les VBG et mariages d’enfants, du renforcement des capacités des jeunes, de l’implication accrue des leaders traditionnels et religieux, de la synergie renforcée entre OSC et communes, du renforcement de la multisectorialité pour réprimer les auteurs et accompagner la réinsertion des survivantes, ainsi que de la vulgarisation de la ligne verte d’assistance aux enfants.
Pérenniser l’impact : Vers des mécanismes régionaux et locaux
Mais au-delà de ces recommandations, des résolutions structurantes ont été adoptées pour garantir un suivi durable de cette activité. Les participants ont convenu de créer un gender desk régional auprès du Gouverneur, de mettre en place des comités locaux d’assistance aux survivants-es inspirés du modèle du Sud-Ouest, de déployer des espaces sûrs pour les jeunes afin de favoriser leur engagement civique, d’organiser des sessions régulières de renforcement de capacités adaptées aux réalités locales, de mobiliser davantage de ressources humaines, matérielles et financières, et de formaliser la collaboration entre OSC et communes pour une synergie durable et efficace.

FEPES, plus que jamais engagée aux côtés de ses partenaires
La présence de FEPES à cet atelier est encore venue témoigner de son fort engagement à œuvrer pour la lutte contre les mariages d’enfants en synergie avec les autres acteurs.